Edito
Mai y es-tu ?
Comité d'Honneur de l'Odyssée
Mai y es-tu ?
Mai 68, le printemps s’invite à l’ordre du jour non pas d’une saison mais de toute une époque qui court de 1966 à la fin des années 70. Mai 68, le Temps des Cerises, le temps des rêves généreux, plutôt fous, qui s’installe à l’ordre du jour d’une société de consommation exclusivement préoccupée par produire, vendre, acheter, consommer encore et toujours, le tout dans le strict respect de l’autorité et des lois d’un marché qui est à lui-même sa propre finalité. Mai 68, le temps des désirs rêvés qui se confrontent à une réalité marquée par la guerre du Vietnam, le romantisme guévariste, les luttes antiracistes (l’assassinat entre autres de Martin Luther King), les cadences infernales, l’absence de libertés syndicales. En somme, toute une époque. C’était il y a 40 ans, le temps d’une certaine jeunesse.
De superbes et généreux slogans couraient sur les murs :
« Ce qui désespère, ce n’est pas tant le désir insatisfait que la passion naissante confrontée avec le vide. »
« Soyez réalistes, demandez l’impossible. »
« Il ne suffit pas de désirer la réalité, il faut réaliser ses désirs. »
Un éditorial du journal Le Monde devenu a posteriori célèbre, titrait avant les événements : « La France s’ennuie ». Et soudain, ce fut une révolte antiautoritaire dans l’illusion d’une grande fête de la générosité, dans l’espoir d’une émancipation qui resta un rêve, toujours actuel et encore en attente. On peut penser que l’illusion résultait d’une improbable équation entre la réalisation des désirs individuels et des désirs collectifs, équation supposée décrétée par l’interdiction de tout interdit… Or le désir reste quelque chose de complexe et de paradoxal dont n’est jamais totalement exclue une part d’ambiguïté, voire de perversité. Le rêve ne se réalisa donc pas. Le marché reprit le dessus, et de quelle manière !, engendrant dorénavant toujours plus de précarité dans un monde qui, avec la fin des Trente Glorieuses, s’est durablement installé dans la misère, la souffrance, l’inquiétude concernant un avenir qui apparaît désormais comme encore plus menaçant que le présent tant les fractures sociales sont de jour en jour de plus en plus profondes, véritables stigmates d’un monde qui ne tourne pas rond.
Aujourd’hui, ce Temps des Cerises a pris un coup de vieux. Il ne reste plus que quelques noyaux dispersés par les vents de l’histoire et de l’économie. Le seul désir officiellement reconnu est celui de devenir « une demande solvable » pour travailler, consommer encore et toujours avant de partir pour un monde supposé meilleur… Certains veulent même utiliser ces malheureux noyaux pour vendre une rupture avec un fantôme improbable et conforter le fonctionnement d’un système qui n’en finit pas de mal aller.
Le cinéma bien-sûr était de cette fête il y a 40 ans. Car, si le cinéma n’a jamais été en mesure de transformer le monde, une autre illusion qui faisait fureur alors, il a su, mieux qu’aucune autre forme créatrice, absorber et exprimer les préoccupations, les aspirations, les désirs, les cris, les révoltes engendrées par une autoritaire société de consommation qui voulait prospérer, sans se poser de questions, dans une domination sans partage.
Nous avons choisi d’évoquer ce temps révolu à travers les fulgurances cinématographiques, si diverses et pourtant si familières les unes aux autres, qui exprimaient chacunes à leur manière l’air du temps, il y a une quarantaine d’années. Histoire de revivre une époque sur grand écran en se demandant si les vérités d’alors gardent encore une part d’actualité. Mai y es-tu ?
C’est la principale actualité de notre programmation avec les 14èmes Rencontres du Cinéma Italien, des films d’hier et d’aujourd’hui en résonance avec les années 60, la manifestation Euroceltes et 4 superbes Coups de Cœur.
A l’Odyssée, le retour du Temps des Cerises peut-être, le temps du cinéma toujours.
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Comité d’Honneur
de l’Odyssée
En reconnaissance de l’action européenne
menée par l’Odyssée, un Comité d’Honneur
s’est constitué pour soutenir le travail entrepris
par les RCA.
Nous avons le plaisir et l’honneur de communiquer la liste
non exhaustive des Ambassadeurs, Représentants Permanents
de leur pays au Conseil de l’Europe, qui ont adhéré
à ce Comité :
la Bulgarie : Monsieur Yuri Sterck
l’Espagne : Monsieur Estanislau De
Grandes
la Finlande : Madame Ann-Marie Nyroos
la France : Monsieur Gilles Chouraqui
la Géorgie : Madame Lana Gogoberidze
la Grèce : Monsieur Constantin Yerocostopoulos
l’Italie : Monsieur Pietro Lonardo
le Luxembourg : Monsieur Ronald Mayer
les Pays-Bas : Monsieur Johannes Landman
la Pologne : Monsieur Krzysztof Kocel
le Portugal : Monsieur Paulo Castilho
la République de Hongrie : Monsieur
Zoltan Taubner
la Roumanie : Monsieur Gueorgue Magheru
la Russie : Monsieur Alexandre Orlov
la Serbie-Monténégro : Madame
Sladjana PRICA
la Suisse : Monsieur Jean-Claude Joseph
la Turquie : Monsieur Daryal Batibay
Ce soutien honore l’équipe de l’Odyssée
plus déterminée que jamais à poursuivre son
engagement au service des cinématographies d’Europe,
conformément à la vocation européenne de
Strasbourg. Que tous ceux qui ont adhéré à
cette initiative en soient chaleureusement remerciés !
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Bonne nouvelle pour les cinéphiles, le
public de l’Odyssée et les autres : le Café-Bar
de l’Odyssée est à nouveau ouvert depuis la
fin du mois d'août 2004.
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